samedi 9 juin 2012

Ray Bradbury 1920-2012

Ray Bradbury était l'un des plus grands écrivains de science fiction du XXème siècle. Il nous a quitté ce mercredi 5 juin, il avait 91 ans. 

Bradbury rencontre le succès dès 1950 avec ses Chroniques Martiennes. En réunissant un recueil de textes très mélancoliques autour du thème de la conquête de mars. En 1953 sera publié Farahneit 451 dans lequel il décrit un monde où les pompiers ont la mission de brûler les livres. Nous suivons l'un d'entre eux qui se rebellera contre le système (notons l'adaptation cinématographique de Truffaut en 1966). Ces deux romans sont considérés encore aujourd'hui comme des classiques de la science fiction et de la littérature en général. 

Malheureusement depuis son décès les médias résument Ray Bradbury à ces deux livres, pourtant son oeuvre est très riche (jetez un coup d'oeil à sa bibliographie). Il excelle surtout dans les textes courts comme il l'a déjà démontré avec ses chroniques. je vous conseille ces trois merveilleux recueils de nouvelles : l'Homme illustré, Léviathan 99 et les Machines à bonheur. 

Il est inutile de continuer dans une description détaillée de son oeuvre, je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans son univers.


lundi 7 mai 2012

Je suis une légende de Richard Matheson



Je suis une légende n'est pas seulement un film à la gloire de Will Smith, il s'agit surtout d'un formidable  roman d'anticipation écrit par Richard Matheson en 1954. Je vous conseille sa lecture surtout si vous avez détesté l'adaptation cinématographique. Le livre se détache de la version hollywoodienne sur de nombreux points. Et au final le film est un produit plutôt lisse ne possédant absolument pas la force du livre.

Je termine sur ce ratage et je vais plutôt vous parler de ce merveilleux roman. Richard Neville est l'un des rares survivants d'une épidémie qui a touché les Etats-Unis, transformant les vivants en vampires. Notre survivant se terre dans sa maison face à une horde de vampires qui l'assiègent chaque soir, dans l'espoir de s'abreuver de son sang. Nous sommes loin de l'imagerie romantique des vampires auxquels nous avons été habitué ces dernières années. Ce sont des bêtes sauvages qui faute de sang humain s'entredévorent chaque nuit. Ils se rapprochent d'une nouvelle forme de zombies par leur comportement bestial. L'histoire s'attache à décrire la solitude de notre personnage, qui ne cesse de se poser une même question : dois-je continuer à vivre dans un monde dans lequel plus rien ne me retient ? L'avenir lui semble sans issus. Son destin est de mourir seul dans sa maison. Alors, ne devrait-il pas répondre aux appels des vampires et devenir l'un des leurs ? Entre dépression et espoir, nous suivons notre rescapé dans son quotidien.

Je suis une légende est un roman très sombre ne laissant aucune place à une seule once d'espoir. Le mythe du vampire est ici renouvelé de belle manière et bien avant son retour en grâce de ces dernières années. 


lundi 19 mars 2012

Des milliards de tapis de cheveux d'Andreas Eschbach




Andreas Eschbach nous gratifie avec "des milliards de tapis de cheveux", d'un roman d'une grande richesse. Cette oeuvre est un véritable puzzle dont le dénouement nous est révélé dans les dernières pages. Le livre nous raconte le mystère qui entoure une planète oubliée d'un immense empire galactique. Depuis des milliers d'années, la planète est organisée autour de la caste des tisseurs qui durant leur vie tissent un tapis avec les cheveux de leurs femmes et leurs filles. Les tapis ont pour unique but d'orner le palais de l'empereur. Cependant, la réalité est bien différente...


Le roman décrit à travers des chapitres indépendants les us et coutumes de cette planète qui tourne autour de la réalisation des tapis de cheveux. La vie des populations est écrasée par ce poids ancestral  au service d'un empereur mystérieux dont sa photo est la seule preuve de son existence. L'intrigue ne se cantonne pas à la description de cette planète, rapidement elle est portée dans d'autres territoires de la galaxie. Le mystère entourant les tapis de cheveux est au centre des 17 chapitres qui s'apparente aux pièces d'un puzzle. Au fil des pages et des révélations la compréhension de cette énigme nous apparaît. Même si chaque chapitre raconte une histoire, il n'est pas rare de rencontrer des personnages vus  dans un chapitre précédent. Il est intéressant de savoir ce qu'ils sont devenus même si nous faisons que seulement les croiser.
Au final, des milliards de tapis de cheveux, est un roman exigeant de par son intrigue éclatée et un mystère savamment préservé jusque dans les dernières pages. Mais il s'agit d'un livre monde ou nous prenons plaisir à s'immerger dans cet univers incroyablement réel. Je ne saurai que vous conseiller ce roman d'Andreas Eschbach qui vous fera entrer de plain pied dans l'oeuvre du plus grand écrivain de science-fiction allemande.



vendredi 9 mars 2012

Le déchronologue de Stéphane Beauverger



C'est en farfouillant sur les étals de mon libraire préféré, que je suis tombé sur cette véritable bijou. Le déchronologue de Stéphane Beauverger est un roman éblouissant, alliant science-fiction et dépaysement, mais surtout il s'agit d'un formidable roman d'aventure.

L'histoire se situe au 17ème siècle au sein des nombreuses iles de la mer des caraïbes. Chaque récifs faisait alors l'objet d'une lutte sans merci entre les trois grandes nation maritime d'europe : l'Espagne, la France et l'Angleterre. Henri Villon, flibustier français et capitaine du chronos se retrouve malgré lui au mileu de perturbations temporelles bouleversant l'ordre mondial. Notre héros prendra part a une lutte fratricide  contre  ces "invasions" temporelles. Ce livre m'a littéralement transporté a cette époque remplie de flibustiers et de bataille navalle. L'auteur réussi également a créer des personnages terriblement attachant, tel que notre héros : alcoolique, rongé par son passé mais très charismatique. 
Autre élément intéressant, l'auteur prend le partie de ne pas suivre "les voyageurs du temps" (comme cela se passe habituellement dans la majorité des romans de science fiction), mais les populations subissant ces perturbations sans vraiment comprendre ce qui leur arrive. L'auteur s'attache à décrire l'influence de peuple venu d'époque différente sur l'histoire. 

Autre particularité du roman et non des moindre, les chapitres sont disposés dans le désordre (cependant le livre commence bien par le chapitre I et finit par le dernier chapitre). Cette caractéristique est plutôt perturbante au début, mais le procédé est au final intéressant (même si il faut rester concentrer). Il met en valeur les personnages ou les événement entre deux époques. Si le mécanisme de lecture vous perturbe et vous ne comprennez rien à l'histoire, vous pouvez toujours suivre l'ordre chronologique des chapitres.

Mélangeant habilement les genres, porté par une écriture fluide et habité d'un souffle épique, le déchronologue est l'un des meilleurs romans des ces deux dernière années.  

dimanche 4 mars 2012

OMNI-VISIBILIS de Lewis Trondheim et Matthieu Bonhomme



Un jour, en allant au boulot, vous vous apercevez que n'importe qui dans la rue peut voir à travers vos yeux, tout connaitre de vous, même vos secrets les plus intimes. C'est sur ce point de départ plutôt amusant  qu'Omni-visibilis nous entraine entre situations cocasses (essayez d'aller aux toilettes si la terre entière vous regarde...!!!) et des moments plus tendus. Car ce qui pourrait devenir un don de dieux va devenir un enfer pour hervé notre 'héros'. Il va être au centre de toute les convoitises mais aussi de toutes les haines. Il apprendra à ses dépends qu'il possède entre "ses mains" un potentiel commercial  infini (y'a pas mieux pour faire passer un message si on touche l'ensemble de la population). Lui, ce qu'il cherche, c'est la tranquillité, le repos, pas que n'importe quel badaud  vienne le voir afin de dire je t'aime à sa copine. 
Techniquement cette bd est irréprochable, le dessin noir et blanc allié à une touche bleutée est de toute beauté. Petit bémol, la fin ne tient peut être pas toutes ses promesses, je chipote là, car nous avons à faire à une véritable petit bijou...



mercredi 15 février 2012

One Hot Minute des Red Hot Chili Peppers



Ce début d'année s'annonce pauvre musicalement, je me trouve alors contraint de réécouter mes vieux disques. En regardant de plus près ma discothèque, je tombe sur un groupe que j'adorais il y a des années, mais aujourd'hui, ils sont devenus un groupe fade et sans aucun intérêt. Vous l'aurez peut être déjà compris, il s'agit des Red Hot Chili Peppers. 

A partir du très surestimé Californication, j'ai complètement mis de côté le groupe oubliant malheureusement son époque glorieuse. One Hot Minute, sortie en 95 est sans nul doute le meilleur album du groupe mais aussi le plus décrier par la critique et les fans. Pourtant, cet album est d'une richesse incroyable, et il me faudrait des pages entières pour en cerner toutes les facettes. Ce qui ressort d'emblée, c'est une atmosphère plus sombre qu'à l'accoutumé. Les paroles ne parlent plus seulement de sexe, mais également de mort, de dépression et de drogue... Mais le grand changement est leur son, qui devient plus agressif lorgnant parfois vers des influences métal. L'apport du guitariste Dave Navaro fut déterminant. Il a apporté une touche personnelle en mettant au placard les influences de Frusciantes (ancien guitariste du groupe). Le disque alterne morceaux agressifs de première catégorie (coffee shop, warped) et d'autres d'influences psychédéliques (One Big Mob, Transending). Encore une nouveauté chez les Red Hot : des guitares qui partent en vrillent, des structures alambiquées, et de nombreuses trouvailles sonores.... Ils expérimentent et le résultat est vraiment de haute volée !!! L'ensemble est entrecoupé de titres plus calmes teintés d'une certaine tristesse (My friends, Tearjerker). Ils n'ont pas à pâlir face à des titres tels qu'Under the Bridge... Enfin, les Red hot n'oublient pas leurs racines avec des morceaux aux influences funk d'une incroyable efficacité (walkabout, Falling into grave).


Je me répète surement, mais cet album est une véritable petite perle, que l'on ne rencontre que très rarement.  

vendredi 28 octobre 2011

Terreur de Dan Simmons



Dan Simons est un auteur que j'affectionne particulièrement, et après avoir lu son dernier pavé, je peux vous affirmer qu'il s'agit d'un très grand auteur.

L'histoire est basée sur la célèbre expédition Franklin parti du Royaume-Uni en 1845. Celle-ci devait découvrir le passage maritime reliant l'océan Atlantique à l'océan Pacifique en passant entre les îls arctiques du grand Nord Canadien. Malheureusement, les deux navires ont littéralement disparu et n'ont jamais pu être localisés, malgré les différentes campagnes de recherche. Archéologues et sauveteurs découvrir néanmoins les tombes de 3 marins, des ossements montrant des signes de cannibalismes et divers objets éparpillés sur la banquise. Mais nulles traces des bateaux et de la majorité de l'équipage qui ont sans doute été bloqué par les glaces. Aujourd'hui encore, cette expédition fascine par les nombreux mystères entourant sa disparition.

Dan Simmons va, avec beaucoup d'intelligence combiner réalité historique et fiction. Il reprendra l'ensemble des données découvertes par les archéologues, tout en inventant une histoire afin d'expliquer la fin tragique des 128 hommes embarquées sur les HMS Erebus et HMS Terror (HMS signifiant His Majesty's Ship).
Le livre est découpé en chapitres, chacun correspond à un membre de l'équipage donnant son point de vu sur les évènements. Cependant, tout au long du roman nous suivons Francis Croizier, capitaine du HMS Terror. Personnage alcoolique et tourmenté par son passé, il fera le lien entre les différents protagonistes du roman.

Je dois avertir tout de suite les déprimés : ce roman n'est pas fait pour vous. L'ambiance est particulièrement sombre voir dépressive. L’équipage va sombrer au fil des pages vers le désespoir et la folie (le manque de nourriture, et les conserves infectées au plomb seront aussi fatal que le froid). Nous suivons une véritable descente aux enfers de ces hommes coincés par les glaces. Aux problèmes déjà cités s'ajoute à cela une créature mystérieuse qui les harcèles jour et nuit. Ce roman est une épreuve pour les plus courageux qui vont entreprendre sa lecture. Sur plus de 1000 pages nous suivons la déchéances, et cela ne vous laisse pas indifférent. Mais cette aventure vaut d'être lue, elle est le témoignage d'une époque et il s'agit d'une formidable aventure.

jeudi 20 octobre 2011

Arzak l'arpenteur de Moebius



Prés de 30 ans après l'œuvre originale, Moebieus nous gratifie enfin d'une suite. Celle-ci nous en apprend un peu plus sur le très énigmatique personnage de "l'arpenteur". La version sortie en 77 était une perle graphique dépourvue de dialogue, mais d'une force qui bouleversera l'univers de la bd.

Nous apprenons aujourd'hui que l'histoire se situe sur la planète Tassily, la race extra-terrestre des wergs a été vaincu par les humains, depuis, une difficile cohabitation se met en place. Notre arpenteur (le personnage de couverture) tente d'assurer un peu d'ordre dans ce véritable 'Far West'....Je ne vais pas allé plus loin dans le résumé de l'histoire, sachez cependant, que deux histoires vont s'entrecroiser pour n'en faire finalement qu'une seule (il s'agit d'une saga en 3 volumes).


Moebius nous offre ici, un véritable western sf avec ses vastes étendues désertiques, ses villes situées au milieu de nulle part et ses bandits prêt à tout pour s'enrichir. Il arrive une nouvelle fois à créer un univers très impressionnant, d'une très grande richesse et d'une complexité que l'on ne voit pas tout les jours dans le milieu de la bd. Nous sommes littéralement happés dans ce monde qui n'est pas sans rappeler son travail sur blueberry. Comme pour chacune de ses œuvres, moeubius prouve qu'il à une imagination toujours aussi débordante...

Le format du titre est plutôt original, ses dimensions xl (36x25) permettent d’apprécier les très grandes planches finement travaillé par l'auteur. Les couleurs, même si elle ne sont pas aussi jolie que l'original, sont d'une très grande qualité. Jean Giraud prouve une nouvelle fois qu'il n'est pas seulement une influence majeur par ses travaux passés mais qu'il continue aujourd'hui encore, d'être un modèle.



vendredi 30 septembre 2011

The King of Limbs de Radiohead



Radiohead est un groupe difficile à chroniquer, de très nombreuses écoutes sont chaque fois nécessaires afin d'appréhender leur musique. Malgré cela, nous sommes jamais à l'abri de passer à côté d'une véritable perle.

Concernant ce King of Limbs je suis plutôt mitigé, voir un poil déçu. J'ai toujours à l'esprit le Magnifique Hail to the Thief sortie en 2003 et le sympathique In the Rainbows sortie en 2007. Le principal problème de ce disque est son manque cruel d'inspiration. Le groupe se base sur ses acquis sans  jamais véritablement penser à innover.


Le disque débute par 'Bloom', titre possédant une rythmique de train à vapeur et ou la voix de Tom York se pose avec douceur.  Problème : il ne se passe absolument rien durant 5 minutes. La boite à rythme accompagnés par quelques sons bizarres laisse de marbre. L'ensemble est linéaire, le rythme toujours constant fatigue plus qu'il ne réjouie. Le côté hypnotique voulut par le groupe ne fonctionne absolument pas. Malheureusement, il ne s'agit pas d'un mauvais départ du groupe d'Oxford, car les deux morceaux suivants passent également inaperçu (le soporifique 'Morning Mr Magpie' et le très énervant 'Little by little'). Il faut attendre Fader, instrumental agrémenté de voix mystérieuses, pour sortir de notre torpeur. 'Lotus Flower' est un titre intéressant, mais comme beaucoup de titres de cet album  il manque le petit quelque chose afin d'être un bon titre. La suite est plus classique, tout en étant de meilleure qualité : codex et son accompagnement au piano et l'acoustique Give up the Ghost sont plutôt réussi. Separator marque la fin de l'album de façon convaincante sans toutefois créer l’enthousiasme.

Le nouvel album de Radiohead n'est vraiment pas à la hauteur des attentes. Nous avons l'impression d'écouter un disque de face B !!! Dommage, car maintenant il faudra encore attendre 4 ans pour un nouvel opus.